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  • Laure Rebois

Guy Birenbaum

Ancien Éditeur, écrivain, chroniqueur pour la radio et la télévision, internet en parallèle, Guy Birenbaum intervient tous les matins sur Europe 1 avec « La revue du net » et dans l’émission d’actualité des réseaux sociaux « Des clics et des claques ». Il écrit également sur le site duHuffington Post. Ses journées sont longues… entre vie parisienne et normande.



— Pourquoi votre blog se présente-t-il comme une épicerie ?

Eh bien, tout simplement, parce qu’un blog personnel, c’est une sorte d’épicerie qui ne ferme jamais. Ou presque. On y vient, tous les jours, ou quand les réserves sont vides, pour s’approvisionner en denrées indispensables. Remplir ses fonds de tiroirs et de placards. Avec ce que l’on appelle les produits de base. Surtout, c’est une histoire vraie. J’ai passé ma première année au-dessus de l’épicerie de mes grands-parents et j’ai trouvé que cela « collait » avec l’univers du Web.

— L’information est-elle une denrée aussi indispensable que la littérature pour vous ?

Ce n’est pas comparable. L’information c’est le temps court. La littérature, l’écrit, c’est le temps long. Ce qui reste, ou doit rester, après l’écume.

— Toujours à l’affut sur la toile, vous avez dû suivre la rentrée littéraire… Que pensez-vous de ce cru 2012 ?

A priori, je ne lis jamais les livres de la rentrée littéraire, sauf si le boulot m’y contraint. Et même dans ce cas, je trouve une excuse. Cela ne m’intéresse pas. Cet été j’ai donc lu des nouvelles de Buzatti et de Moravia. Mais j’ai quand même dû lire La théorie de l’informationcar nous avons reçu Bellanger. Je me suis énormément ennuyé. Et surtout, je l’ai trouvé assez décevant à l’oral. Sur la défensive et peu convaincant.

— Suivez-vous des blogueurs littéraires ?

Non. Pas vraiment. Je suis des blogueurs qui écrivent, c’est très différent comme William Rejault ou Jaddo.

— Ont-ils la même importance que d’autres blogueurs politico-médiatiques à vos yeux ?

L’importance n’est pas du tout un concept qui m’inspire. Ce qui m’intéresse c’est de savoir si un texte est ou n’est pas intéressant. Donc un blogueur littéraire peut m’intéresser comme tout autre blogueur, en fonction de son propos.

— Ne pensez-vous pas que malgré l’explosion des réseaux sociaux, il est bien plus difficile pour un auteur de se faire connaître via le net, qu’auparavant ?

Je ne crois pas. Je pense au contraire que jamais il n’a été aussi possible de se faire repérer. On le voit très bien avec les derniers succès aux États-Unis, qui sortent du Web pour intégrer l’édition plus traditionnelle.

— Suivez-vous des écrivains avec la même assiduité que certains blogs ? De qui ne manquez-vous pas un ouvrage ?

Jay McInerney.

Que pensez-vous des ebooks ? Cela vous arrive-t-il d’en télécharger et si oui lesquels ?

Je vais vous étonner. Jamais. Livre = papier. Même plus : livre = vieux papier !

« J’ai grandi en allant chez les bouquinistes, j’y achetais des bouquins car la couverture, les premières pages me plaisaient. Je flâne à l’identique de liens en liens sur le Web. » Quels ont été vos premiers coups de cœurs littéraires ?

La cicatrice de Bruce Lowery, tout Enid Blyton, La comtesse de Ségur, mais aussi Michel Vaillant et Buck Danny, eh oui des BD !

Prenez-vous toujours le temps d’aller à la recherche ainsi de livres ?

Toutes les semaines.

À quel moment prenez-vous le temps de lire ?

Dès que je peux. Le soir. Le week-end.

Vous êtes fidèle aux écrits du britannique Saki. Est-ce à cause de son humour noir ? Comment l’avez-vous découvert ?

Je ne m’en souviens pas, mais le recueil intégral de toutes ses nouvelles est sur ma table de chevet et hop je plonge en relire une. C’est un concentré de méchanceté.

— L’œuvre la plus célèbre de Dino Buzzati que vous aimez lire est Le désert des tartares. La fuite du temps vous effraie-t-elle comme ce fut le cas le concernant ? Et la peur de l’échec vous poursuit-elle pareillement ?

Qui n’est pas dans ce cas ?

— Ces deux auteurs étaient également journaliste. Est-ce selon vous important de l’être pour devenir écrivain ?

Pas du tout.

On compte trois livres à votre bibliographie, portraits du monde actuel dirais-je : Le Front national en politique, édition Balland, 1992 ; Délits d’initiés, mes soupçons de citoyen, édition Stock, 2004 et Le cabinet noir. Au cœur du système Yves Bertrand, édition Les Arènes, 2008. Le second a engendré une polémique importante. Vous n’êtes pas journaliste ou refusez de vous considérer comme tel, mais restiez-vous simplement fidèle à votre rôle de transcripteur de l’information ? Souhaitez-vous nous en parler ?

Même pas. Je ne crois plus du tout à la vérité. Je pense qu’il faut raconter des histoires à la première personne, donner SA vérité et laisser les lecteurs se débrouiller avec. Une fois que c’est écrit, ça devient leur problème !

Dans journal d’un oiseau de nuit, Jay McInerney dépeint les troubles d’une vie d’un journaliste à travers une Amérique des années 80 jusqu’au deuil, l’aliénation et la drogue. Diriez-vous comme les médias lors de sa sortie, qu’il s’agit d’une autobiographie déguisée ?

Je ne sais pas. Je ne le connais pas. Et je vais vous faire un aveu : les analyses des critiques littéraires m’ennuient beaucoup.

— Qu’est-ce que ce roman vous a apporté ? Faites-vous un lien entre celui-ci et notre époque ?

Réussir à penser à autre chose qu’au fracas qui nous entoure pendant cinq minutes ou deux heures, c’est à ça que sert n’importe quel texte de fiction.

— Quels sont vos projets pour cette rentrée ?

Bien faire mon travail…

Propos recueillis par Laure Rebois

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