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  • Laure Rebois

Charles Aznavour

Chahnourh Varinag Aznavourian : un nom pas comme les autres sur mon agenda. Charles Aznavour : celui qui a composé plus de mille chansons, vendu plus de cent millions de disques en soixante ans de carrière, tourné dans une soixantaine de films et chanté dans six langues. Rencontre avec le chanteur français le plus connu au monde.


Vous ne vous êtes jamais considéré comme un parolier, mais plutôt comme un écrivain de la chanson, expliquez- nous. Lorsqu’on lit les textes que j’écris depuis une trentaine d’années, on comprend mieux cette expression... Pas pour tous évidemment, car il m’a bien fallu débuter sans culture : mais j’ai compris au fil du temps que l’on pouvait être, pourquoi pas, un parolier populaire sans être un écrivain de la chanson ! Il est facile de faire un succès avec des « la je t’aime beaucoup, la je ne t’aimerai plus » par des paroliers et auteurs ; mais les écrivains de la chanson, eux, sont ceux qui écrivent comme Ferret, Béart, Ferrat, Brassens, Trenet, Nougaro. J’en oublie bien un ou deux mais guère plus. Ces gens-là se préoccupaient davantage de la manière que du sujet. Lorsque les deux y sont, cela ne donne pas forcément des succès, mais toujours de petits chefs- d’œuvre qui, sur une scène, enchantent le public. Certaines très grandes chansons ne sont jamais devenues des succès, ou alors après des années... D’un coup, voilà qu’une chanson prend de la force et rentre dans la mémoire populaire. Ensuite seulement, on réalise qu’on a eu affaire au petit Victor Hugo de la chanson ! Je dis Victor Hugo car il est le touche-à-tout par excellence. Aujour- d’hui, c’est certain, il écrirait des chan- sons !

Est-ce pour cela qu’il vous paraît légitime de publier l’intégralité de vos textes dans un livre? Non ce n’est pas pour cela. Simplement il n’y a aucune raison que les chansons qui plaisent au public et qui sont des succès ne fassent pas l’objet d’un livre. Je ne suis pas sectaire, l’éventail est large, je suis ouvert à tout. Propos recueillis par Laure Rebois Je n’ai même rien à redire à ceux qui font écrire leur autobiographie par un autre, à condition que cet autre-là soit cité : les deux noms doivent être affichés, sinon c’est injuste et affreux. Une personne don- nerait ainsi tout son travail contre un seul pourcentage – qui doit souvent ne pas être bien haut – et sans aucune reconnais- sance... Telle est la loi du commerce, certes, et c’est un autre sujet. Certains êtres ont eu une vie intéressante, édifiante, mais n’ont pas le don de l’écriture ; d’autres ont parfois le don de raconter, sachant même apporter une cer- taine poésie, avec des phrases que l’on peut retenir sans pour autant être soi- même capable de les écrire. Alors pour- quoi ne pas aider ces personnes-là ? En commençant par mentionner leur nom. Et ça ne change rien pour le public !

À part pour de futurs albums, vous n’avez vraiment pas d’autres textes que ceux-là, qui n’auraient pas été chantés ? Je n’ai pas tout interprété. Il me reste une vingtaine de textes. Et des chansons non terminées, il doit m’en rester cent cin- quante. Bien commencées, abouties, mais pas terminées. Jehan fit un jour un disque érotique dont je composai uniquement la musique, sur des textes de Bernard Dimey. Il manquait à la fin quatre chansons. Pour ces quatre- là, j’écrivis alors et le texte et la musique. À partir du moment où l’on sait tenir sa plume, on doit pouvoir aller vers tous les sujets et dépasser les thèmes qui ont d’habitude nos préférences. Le sujet que l’on ne connaît pas, eh bien on l’apprend ! Dans mon prochain disque, il y a une chanson qui s’appelle « Va Cléopâtre », et qui parle de la mort de cette reine. Or je viens seulement de commencer à lire l’histoire de l’Égypte ancienne. J’avais autrefois lu un peu de grec, mais j’étais trop préoccupé par la littérature de tous les jours et par le théâtre. Maintenant j’ai un peu plus de temps, l’Égypte est deve- nue le dernier sujet qui m’inspire. J’y suis tombé comme dans un bain de chaleur, c’est merveilleux. Dans « Va Cléopâtre », je suis allé très loin en ramenant Alexandre. Pourquoi ? Parce qu’au fond le désir de Cléopâtre et de Marc Antoine était de réussir là où Alexandre avait par- tiellement échoué. Cela devient donc un jeu, et une petite maladie en même temps ! J’aime les mots nouveaux, les beaux mots d’argot et la langue française des XVIe et XVIIe siècles.

L’intégrale est préfacée par Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008. Pourquoi lui ? Mon éditrice Stéphanie Chevrier en a eu l’idée. Moi, je ne me préoccupe pas de cela. Je ne demanderais pas à quelqu’un de m’écrire une préface, car j’ai en moi un fond de timidité qui m’a souvent arrêté dans ma vie pour bien des choses... En revanche, des préfaces, on m’en demande ! J’ai dû en signer cent dix, peut- être cent quinze, souvent rimées, quelquefois en alexandrins. Parfois légères aussi, car j’avais moins de choses à dire, mais le personnage m’était sympathique. Généralement, j’écris une préface parce que j’apprécie l’écrivain qui la sollicite.

Pour écrire donc, il faut aimer jouer avec les contraintes – et s’en donner soi- même, quand ce ne sont pas les autres qui le font. » Lequel des textes de cette intégrale vous a donné le plus de travail ? Infligé par vous-même ou par un élément extérieur. En réalité, lorsque j’écris, je ne ressens pas comme une difficulté la recherche des mots. Je sais que le mot existe, mais il ne me vient pas à l’esprit. Ça m’énerve, j’écris, je maudis mes dictionnaires, je mets de petits points en laissant l’espace car je sais que je vais finir par le trouver. Des dictionnaires, j’en ai trois : le Littré, le Larousse et le Robert. Il faut être de courtes vues ou ne pas les lire vraiment pour croire que l’un en vaut un autre. Moi, je les ouvre de temps en temps, comme on ouvrirait la Bible ou le Coran, et je les lis parfois. Car je veux à tout prix savoir, connaître. La langue française est tellement riche ! Lorsque je la confronte à d’autres langues, je m’aperçois de tout ce qu’elle nous permet de dire. En anglais, par exemple, vous ne pouvez pas jouer sur un mot en en trouvant un autre. C’est la raison pour laquelle il y a des répétitions dans les chansons américaines ou anglaises. Chez moi, il n’y en a pas. J’essaie de ne pas mettre deux fois le même terme dans un refrain ou couplet, sauf pour les mots d’importance, bien sûr.

Vos maîtres à penser furent et sont les livres. À travers eux, vous avez ren- forcé votre français, trouvé des mots, des phrases. Quel est votre auteur du moment ? Aucun. Mes auteurs ont toujours été les mêmes, et ce ne sont pas vraiment des livres que l’on peut dire « de chevet ». Je viens d’acheter tout Courteline, dont j’avais lu les pièces ; et tout Jules Renard dont je n’avais lu qu’un seul ouvrage. C’est qu’au fil du temps, on finit par oublier beaucoup de choses, on en mêle d’autres. Qui a dit ceci ? Qui a dit cela ? etc. J’aime être précis pour moi-même, car je ne fais pas état de ma culture et n’en parle pas. D’ailleurs, je suis bien meilleur à l’écrit qu’à l’oral, et de loin. Une plume à la main, je suis très riche d’écriture alors que s’il me fallait faire un discours, j’en serais incapa- ble. Je n’ai aucun problème à me mettre face à une feuille blanche, c’est au contraire là que je me défoule.

Vous avez lu entièrement « Louis- Ferdinand Céline, Henri Miller, François Rabelais, Frédéric Dard, et j’en passe ». Vous en passez donc, mais ce sont ces quatre-là que vous avez choisi de citer dans L’intégrale. Pourquoi eux ? Ce sont les premiers que j’ai lus après l’étude. Au début je me forçais à lire, Aristophane par exemple, qui m’a ennuyé à mourir ! Et puis j’ai lu ceux qui m’ont enchanté, transporté, ceux que j’avais choisis. La Fontaine par contre, je l’ai découvert à l’école. Mon petit côté comédien se ravis- sait de pouvoir le réciter. Mais Victor Hugo reste pour moi l’écrivain par excel- lence. C’est l’homme qui a tout essayé, qui a exploré tous les genres : le théâtre, la lit- térature, la politique. Pour moi il est un modèle ! Et puis certains autres m’ont plu par leur simple écriture, parfois en vers, et en alexandrin ; ainsi Corneille, Racine et Molière et l’autre... Sacha Guitry. Pour moi, il existe un lien direct entre Guitry et Molière. J’ai peut-être tort, mais c’est mon idée, c’est comme ça que je l’ai vu et que ça m’a aidé. Car il faut toujours essayer. Depuis le temps... Moi, je ne savais pas écrire en prose. Non seulement je ne savais pas, mais j’étais per- suadé que je ne réussirais pas. Et puis voilà ! Pour le roman, c’est Gérard Davoust, mon associé, et Stéphanie Chevrier, mon éditrice, qui m’ont poussé à écrire. J’ai mis près de trois ans avant de signer le contrat d’édition car je voulais être sûr de moi et ne pas risquer d’entendre des formules ironiques du type : « Tiens donc, il chante, et voilà qu’il écrit ! » J’ai pourtant réussi à écrire mon autobiographie, Le temps des avants, avec son titre insolite, et que j’aime.

Pour la relève du Cayotte, Charles Aznavour auteur ou coauteur d’un dic- tionnaire des rimes, cela est-il envisageable ? Non. C’est vraiment un travail d’érudit. Pas celui d’un garçon qui s’est instruit et enrichi comme je l’ai fait. Je ne le pourrais pas, et si c’est pour être aidé, je n’en vois pas la peine !

Faire une faute de français, surtout à la télévision, dans les journaux ou les livres, est pour vous une grosse faute, n’est-ce pas ? Oui et non. On peut faire des fautes de français. C’est rapide la télévision, on n’a pas le temps de réfléchir, tout est minuté. Mais il y a des fautes, tout de même, que l’on n’a pas le droit de faire ! Quand j’entends « Je suis venu en vélo », cela me hérisse. On ne vient pas dans la barre du vélo, mais sur une bicyclette. On vient donc à vélo, sur patins à roulettes, dans une voiture, etc. Ah oui, et l’on ne pro- nonce plus les X, c’est terminé. Tout devient « ss ». Alors « c’est extraordinaire ! » Non faites un effort, quand même ! Ce n’est pas normal que des Français ne parlent pas le français. De même qu’il n’est pas normal que les étran- gers finissent souvent par mieux parler le français que la plupart des Français. Écrire aide à penser et à réfléchir, et réfléchir aide à se remettre en question. » Devez-vous vous remettre en question à l’aube de chaque écriture d’un nouveau texte ? Je me remets en question pour tout et tous les jours. Je vais faire ma rentrée en septembre prochain, je l’ai su en octobre 2010. Depuis, j’ai commencé à travailler ce que j’allais faire, ce que j’allais dire. Il y a des tas de choses que je ne pourrai plus faire sur scène. Je danse facilement par exemple, et ne pourrai probablement Je me dis parfois que tel mot n’est pas celui que j’aurais dû choisir. Mais celui que je veux existe-t-il ?

Avez-vous déjà trouvé un thème de chanson au détour d’un livre ? Si oui, lequel ? Un thème, je ne sais pas, mais des mots oui. Un mot qui m’échappe et que je trouve joli, je le relève en pensant qu’il fera une bonne rime. Je reviens alors à mon dictionnaire, apprends la définition du terme en question puis l’utilise, pour vérifier que je l’ai bien compris. Si dans une conversation personne ne s’étonne de ce mot, c’est bon signe. Et puis il y a les mots nouveaux qui arri- vent, ceux qui reviennent à la mode. Dernièrement, dans une de mes chan- sons, j’ai écrit « souvente fois ». J’adore le vieux français, je me régalerais à écrire en vieux français. Cela ne serait interdit par personne mais malheureusement, per- sonne n’y entendrait rien. Autrefois, j’adorais aussi l’argot, qui m’a permis de composer une chanson : « Moi j’fais mon rond ». Et elle rime ! Pour l’écrire, il m’a fallu un sujet qui s’y prête. Je suis donc assez ouvert : j’aime les mots nouveaux, les beaux mots d’argot et la langue française des XVIe et XVIIe siècles. On y trouve des beautés ! Mais il faut aimer. Si on n’aime pas, on n’évolue pas.

Avec tous les livres que vous avez lus, dont vous vous êtes nourris, avez-vous envie de nous offrir un roman dont vous ne seriez pas le sujet ? Le matin, j’ai la plume à la main quand ce n’est pas la nuit. Je suis en train d’essayer... plus le faire la prochaine fois. Il me faut donc remplacer cet élément-là. C’est une remise en question de moi, et elle me fait douter. Mais curieusement, je doute avec sécurité. Tout ce que j’ai proposé au public par le passé, même ce qui a été critiqué par les médias, le public a tou- jours accepté, lui, et sans exception. Au plus loin que j’ai été. Même lorsque j’employais dans des chansons des mots qu’il n’était pas de bon ton d’employer ! Donc cette sécurité marche de pair avec le doute. Et c’est une bonne chose d’avoir les deux.

Vous avez un rendez-vous quasi-quotidien avec votre table de travail, quelle a été la durée d’écriture d’À voix basse, vous qui êtes capable de chercher des heures, des jours, le bon mot à une chanson ? J’écris au fil de la plume. C’est rapide, sans rature. Une fois que j’ai terminé, le travail commence. Il faut tout peaufiner. J’ai dû mettre trois jours à écrire le livre, et trois mois à le peaufiner. Pour une chanson, c’est le même principe. Dans mon prochain disque par exemple, il y aura des surprises car je corrige jusqu’au dernier moment. Je suis le roi de la correction ! Je me dis parfois que tel mot n’est pas celui que j’aurais dû choisir. Mais celui que je veux existe-t-il ? Alors je prends mon dictionnaire, je mouille le doigt, tourne les pages, et je finis par trouver.

Écrivez-vous plusieurs projets en même temps ? Oui, toujours. Le prochain livre, en phase d’écriture, sortira en même temps que je ferai mon retour à l’Olympia. J’ai com- mencé la rédaction en parallèle des textes du futur album. M’arrêter sur une seule chose, je n’y arrive pas, ça me bloque. Donc je change d’idée, je change d’air, et ça vient ; je peux continuer par la suite.

Chaque auteur connaît ou devrait connaître la raison pour laquelle il écrit. Quelle est la vôtre ? Manger. J’ai fait ce métier pour construire une vie meilleure à ma famille et sortir de la condition d’une famille d’émigrants ! On ne peut pas toujours vivre en ban- lieue, on a envie de vivre à la campagne, dans une ferme, au cœur de Paris, etc. Mais il faut sortir de sa banlieue ! Ou alors la construire, sa banlieue ! C’est aussi une autre histoire, s’arranger pour que les gens de l’immeuble soient mieux, se por- tent mieux, se supportent mieux ! Moi je crois que tout homme à un devoir sur terre, c’est d’aller de l’avant et d’aider les gens qui sont autour de lui à en faire de même. On ne peut pas être tous à la même hauteur, mais on peut tous parta- ger un même bonheur !

Même si vous dites que vous n’avez pas d’héritier, il y a tout de même Benabar, Delerm, Grand corps malade, Renan Luce, Sanseverino et quelques autres. Quelle est la personnalité de la nou- velle génération qui vous touche plus particulièrement à travers ses écrits et pourquoi ? Les rappeurs et les slameurs m’ont apporté le plus de plaisir dernièrement. Parce qu’ils écrivent bien, mieux. D’abord ils ont une chance que n’avaient pas les autres, ils n’ont pas le carcan de la versification, de la géométrie musicale, ils ont plus de liberté. Mais petit à petit, je le remarque, Grand corps malade écrit des chansons, lui aussi. Il entre dans le carcan de la chanson, même s’il a commencé dans la liberté.

L’encre est le sang de l’écriture. » Vous reste-t-il des plaies ouvertes ? Non, je vais vous dire pourquoi. Un jour, en écoutant un de mes jeunes confrères, je me suis dit qu’il y en avait marre de la vache enragée chronique ! Qu’on revienne toujours en disant : « Maintenant vous gagnez bien votre vie ? Et vous comprenez, nous, on a des difficultés, etc. ! » C’est insupportable. Ne nous emmerdez pas ! Il ne faut pas avoir le complexe de l’argent qu’on gagne, c’est très français. Les Américains ne sont pas comme ça et ils ont raison. Je n’ai pas ce complexe non plus. Et je ne veux pas qu’on revienne toujours avec : « Chez nous, on a été très malheureux et on a vu ça et ça ! » Oui, mais vous avez réussi ? Alors comment ça va maintenant ? La vraie question ne serait-elle pas là ? Il faut de l’espoir pour les gens et non pas ressas- ser toujours le désespoir car dans le fond, tout n’est pas tout à fait vrai. Je ne dis pas que des gens ne sont pas traumatisés ; ou par le passé si. Ça, je le comprends parfai- tement. Je suis toujours traumatisé par ce qui ne m’est pas arrivé, est arrivé à ma famille avec le génocide. Mais moi, je ne l’ai pas connu ce génocide. J’en parle moins que beaucoup d’autres qui s’étendent dessus sans l’avoir connu non plus. Ça n’empêche pas de défendre des causes mais la vache enragée chronique, j’en ai marre ! Je le dis haut et fort, ce n’est pas « à voix basse » cette fois !

Parce que vous avez écrit, vous repré- sentez à vous seul la vie de nous tous. Si c’était à refaire, vous choisiriez tou- jours ce métier de parolier, ce métier des mots ? Même si vous vouliez devenir comédien... Je ne sais pas. Si c’était à refaire, je n’aurais pas fait autant d’expériences différentes. Je ne saurais pas quoi choisir au départ. Je n’ai pas choisi la chanson. Ce que j’avais choisi, je l’ai raté. J’ai fait des films, joué la comédie, mais j’ai arrêté et n’en ai pas fait mon métier. Je suis finale- ment devenu chanteur. Et ce métier m’a apporté la possibilité de m’instruire, de jouer dans le monde entier, de juger, d’avoir un public important. Qu’est-ce que j’aurais demandé de plus ? Ce métier m’a apporté d’élever mes enfants correc- tement, d’avoir des amis sincères et de savoir ouvrir les yeux sur ce qui n’est pas sincère ! Important !

Fin 2010 votre Intégrale, fin 2009 était publié À voix basse, ouvrage dans lequel vous présentiez le chanteur, l’auteur, l’homme, l’Arménien et le citoyen que vous êtes, dédié « à mon public, et à tous ceux qui veulent faire le même métier que moi. [...] à cette génération montante, ces futurs nous- autres ». L’Olympia à la rentrée sera bien sûr complet. Cela pourrait res- sembler à une révérence. Or, vous avez dit : « Tant qu’on a des possibilités, pourquoi ne pas continuer ? » Rassurez-nous alors ; vous allez conti- nuer, n’est-ce pas ? Je n’ai arrêté qu’une chose : les tournées, et n’ai jamais prononcé le mot « adieu ». La confusion m’amuse. Mais un journa- liste qui devait en avoir marre de m’entendre chanter a dû se dire : « Bon, je vais dire qu’il fait ses adieux comme ça, il sera obligé de le faire ! » Or moi, je n’ai jamais dit cela. J’ai fait mes adieux à cer- taines langues en revanche, parce que j’ai moins de mémoire, et j’ai quasiment abandonné le cinéma pour la même rai- son. Mais je veux arrêter avant que les autres disent que j’aurais mieux fait d’arrêter. Le jour où je ne ferai plus ce métier, je veux garder l’estime du public.


Et bien, merci beaucoup ! Et bien bienvenue, comme on dit au Canada !

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